Cet été, direction l'Allemagne en famille. Avec des enfants qui ont tout de même 19, 21 et 22 ans, on pourrait croire que la grande époque des parcs d'attractions est révolue. Que nenni. Me voilà donc embarqué chez nos voisins germaniques, à regarder ma progéniture se ruer vers les manèges à sensations les plus extrêmes.

Personnellement, être propulsé à 130 km/h avec la tête en bas en hurlant à la mort, ce n'est vraiment pas mon truc. J'ai préféré adopter le rôle stratégique (et hautement sécurisé) de gardien officiel des sacs à dos. Et qu'est-ce qu'un architecte data fait pendant qu'il poireaute deux heures au pied d'un grand huit ? Il lit un bouquin sur la fin du monde.
J'ai donc sorti de mon sac "Le Mythe de la Singularité : Faut-il craindre l'intelligence artificielle ?" de Jean-Gabriel Ganascia.

Sauf que... spoiler... ce livre date de 2017 !!!!
Eh oui. En 2017, on parlait de concepts philosophiques et de lointaines promesses. Mais aujourd'hui, on a les deux pieds dans le plat. L'IA n'est peut-être pas Skynet, mais c'est devenu un monstre industriel et économique bien réel.
Et c'est exactement ce qui m'a sauté aux oreilles quand, pour couvrir les hurlements des passagers du wagonnet au-dessus de ma tête, j'ai lancé le dernier épisode du RDV Tech.
Cette semaine-là, Patrick Beja profitait de vacances bien méritées et avait confié le micro à Cédric Ingrand, accompagné d’un invité d’exception : Jean-Baptiste Kempf (président de VideoLAN/VLC et fondateur de Kyber). Et là, on redescend vite sur terre : on est loin de la science-fiction de Ganascia, on est dans la guerre des tranchées de la Tech.
Le podcast décortiquait la panique totale des géants du secteur face à la déferlante des modèles "Open-WeightModèle d'IA dont les paramètres (poids) sont publics, permettant l'inférence et le fine-tuning, sans inclure obligatoirement le code source ou les données d'entraînement.". Avec la sortie de Kimi K3Kimi K3 n'est pas un composant SAS Viya. C'est un puissant modèle d'IA (LLM) de 2,8T de paramètres de Moonshot AI, spécialisé dans l'analyse de très longs contextes et le codage avancé. (Moonshot AIStart-up chinoise d'IA créatrice du LLM Kimi. Externe à SAS, ses modèles s'intègrent à SAS Viya via MCP pour analyser des contextes massifs dans vos workflows analytiques.), les modèles ouverts rattrapent les modèles propriétaires à une vitesse folle. Ça fait tellement transpirer OpenAILaboratoire de recherche en IA créateur de ChatGPT. Dans SAS Viya, ses modèles s'intègrent via API pour doter vos workflows analytiques de capacités avancées en traitement du langage naturel. et AnthropicEntreprise d'IA créatrice des modèles de langage Claude. Dans SAS Viya, ses API s'intègrent pour enrichir l'analytique avec des capacités d'IA générative avancées. qu'ils font du lobbying à Washington pour tenter de fermer la porte derrière eux ! En tant que bidouilleur acharné sur Batocera pour mes bornes d'arcade, je dois avouer que mon cœur penche du côté de l'ouvert.
Mais le plus fou, ce sont les chiffres de l'infrastructure balancés dans l'émission. Oubliez la conscience artificielle, le vrai problème de l'IA, c'est le matériel : on parle de data centers de 1 Gigawatt nécessitant carrément des centrales nucléaires (bon, là ça rappelle un peu Terminator, j'avoue), de garanties de prêts pharaoniques chez NvidiaFabricant de processeurs graphiques (GPU). Dans SAS Viya, les GPU Nvidia fournissent l'accélération matérielle requise pour exécuter les calculs intensifs d'IA et de deep learning., et d'une pénurie de RAM qui va nous poursuivre jusqu'en 2028-2030... Est-on en train de créer une surcapacité au prix d'une bulle ? La question est posée.
Sans parler de la réalité sur le terrain, en entreprise : là où on nous vendait de la magie, la majorité des projets plafonnent face à la bureaucratie, aux hallucinations des modèles et aux contrôles qualité. Mon quotidien de traitement de la data a encore de beaux jours devant lui.
Le véritable clou du spectacle (et de mon été) ? L'anecdote dingue sur l'entraînement de ces modèles, d'ailleurs confirmée par la presse récemment. On a appris qu'AnthropicEntreprise d'IA créatrice des modèles de langage Claude. Dans SAS Viya, ses API s'intègrent pour enrichir l'analytique avec des capacités d'IA générative avancées. avait carrément monté un "Projet Panama" secret pour numériser "tous les livres du monde". La méthode ? Ils achètent des livres physiques en masse – y compris des œuvres rares d'occasion –, coupent la reliure au massicot, scannent les pages à haute vitesse pour gaver leur IA... et jettent les originaux à la poubelle ! Cette numérisation destructive assumée, qui vise littéralement à effacer les œuvres du patrimoine physique, leur a même valu un récent procès retentissant et un accord à 1,5 milliard de dollars.
L'ironie est absolue : détruire le patrimoine littéraire mondial à coups de massicot pour fabriquer une "intelligence", pendant que moi, je m'accroche précieusement à mon vieux bouquin papier de 2017, coincé au milieu d'un parc d'attractions.
Bilan des vacances : L'IA ne va pas détruire l'humanité, elle va juste siphonner toute la RAM mondiale et vider le rayon littérature avec un massicot. Par contre, ces manèges allemands ont bien failli avoir la peau de mon estomac rien qu'en les regardant.
De retour en Seine-et-Marne, je retrouve avec un immense soulagement mon jardin, mes palmiers, et des problèmes bien plus terre-à-terre : optimiser des requêtes SQL et aller faire un petit high-score tranquille sur ma borne.
Bon été à tous, et I'll be back !






